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Innovation, Industrie et Territoire

Innovation, Industrie et Territoire

Le pari du Nord Franche-Comté,développer de nouveaux écosystèmes et modes de faire pour soutenir l’innovation industrielle.

Depuis 2017, l’industrie a créé des emplois pour la première fois depuis l’an 2000 avec 5.400 postes créés (Source : INSEE). Représentant 17% du PIB français, la France a ouvert également plus d’usines qu’elle n’en ferme depuis 2016 (Source : Trendeo). C’est dans ce contexte de reprise sensible de l’activité industrielle que le Gouvernement a annoncé le 22 novembre dernier, son soutien à 124 territoires d’industrie et renforcer la dimension territoriale de la politique industrielle française, jusqu’alors principalement structurée par filières. Cette annonce fait suite à une série de mesures et de dispositifs permettant le renforcement de l’industrie au niveau national : Nouvelle France industrielle en 2013, French Fab en 2017, le Made in France. L’Etat souligne ainsi le besoin de soutenir activement des territoires historiquement tournés vers l’activité industrielle et aujourd’hui marqués par la réduction de l’emploi et la rationalisation des sites de production. La force d’entrainement de l’industrie dans le développement et la résilience des territoires est significative. Elle est un vecteur de densification du tissu économique (sous-traitants, fournisseurs, logistiques et services à l’industrie), qui a des impacts sur l’économie résidentielle : dynamique de la population active, marché du logement et activités commerciales et servicielles. Mais les entreprises industrielles bénéficient également des ressources dans leur territoire d’accroche : la formation, l’accès aux talents et à des sites adaptés, connectés. Les nouvelles activités industrielles (dites 4.0) semblent avoir encore plus besoin du territoire. En effet, pour favoriser l’innovation industrielle, l’entreprise doit s’inscrire de plus en plus dans des réseaux d’acteurs économiques, universitaires, entrepreneuriaux, vecteurs d’opportunités et de coopérations tout en développant son accès à des plateformes d’innovations, des laboratoires de recherche et des centres de formation. Pour Hank, conseils et AMO sur les grands projets d’innovation territoriale, et qui accompagne la collectivité et ses partenaires, les 3 leviers majeurs qui font du territoire un maillon clé pour le développement de la nouvelle économie productive sont les suivants :
- L’offre de formation ;
- L’écosystème territorial et ses ressources humaines ;
- Le développement de plateformes d’innovation et de services immobiliers.
C’est l’histoire qui s’écrit en Nord Franche-Comté.

Le Grand Belfort au sein du Nord Franche Comté, la transformation vers un territoire industriel 4.0

Les acteurs du Nord Franche Comté « ont décrété que dans moins de 10 ans, leur territoire serait dans une positive attitude unique en France face au 4.0 et disposerait même de cerveaux capables d’imaginer la prochaine révolution et que peut être même cette révolution partirait d’ici. » Le Nord France Comté s’est saisi de cette question d’articulation entre territoire et industrie, dans le cadre de l’appel à projets TIGA, souhaitant porter la transformation – et donc la pérennisation – de l’écosystème industriel vers la nouvelle économie productive « 4.0 ». Les objectifs de ce projet sont de soutenir l’innovation et les coopérations afin de favoriser la compétitivité des entreprises, maintenir le tissu industriel, et pérenniser les emplois locaux. La force du projet du Nord Franche-Comté repose sur sa capacité à fédérer un riche écosystème d’acteurs locaux pour travailler ensemble sur le contenu et la mise en oeuvre de ce projet économique : les collectivités (Pays de Montbéliard, Grand Belfort), les entreprises industrielles (GE, Alstom, PSA, Faurecia, Orange, LIsi) , l’université et la recherche (l’UTBM ) ainsi que les clusters locaux de TPE-PME (Véhicule du futur, Vallée de l’énergie). Le collectif ainsi constitué a défini 2 axes de développement prioritaires :
- la constitution d’un réseau d’openlabs, qui introduisent de nouvelles méthodes d’innovation ouvertes afin d’accélérer le passage de l’idée au prototype projet ;
- le développement des green tech pour une économie résiliente et soutenable (pile à combustible, hydrogène).

Comment développer de nouveaux outils pour favoriser l’innovation au sein de l’écosystème économique ?
Créer un réseau territorial des openlabs pour porter l’innovation

Cette « quatrième révolution industrielle » dans laquelle s’inscrit le territoirenamène à repenser tous les process au regard de l’économie de la donnée – digitalisation, robotisation. Les openlabs sont ainsi des « hub » qui concentrent tous les services nécessaires à l’innovation. Ils facilitent l’accès à une communauté d’acteurs et un réseau de compétences, l’idéation, la conception, le prototypage et les retours utilisateurs. Les lieux d’innovation doivent être poreux pour permettre des « rencontres improbables » entre les acteurs. C’est la philosophie de l’openlab de l’UTBM, acteur moteur et central de la démarche. Les initiatives d’open labs privés comme le Mattern lab de PSA, le lab de Lisi, Faurecia lab viendront par ailleurs renforcer une communauté d’acteurs, au-delà du cadre strict de l’entreprise. L’enjeu pour le territoire de Belfort-Montbéliard est d’accompagner l’émergence et l’ouverture de ces tiers lieux afin de constituer un écosystème dense et diversifié (entrepreneurs, étudiants, TPME, grands groupes, chercheurs, citoyens).

Développer le lieu totem de l’innovation industrielle au coeur du Techn’hom, parc urbain d’activités de Belfort

Site industriel depuis 1872, le parc Techn’hom incarne la résilience aux crises et aux trois révolutions industrielles précédentes. Il regroupe aujourd’hui de grandes entreprises (GE, Alstom), l’Université technologique (UTBM) et un tissu de TPE-PME dynamique. Un des bâtiments accueillera l’openlab de l’UTBM, 1 500 m² au service de la communauté d’acteurs économiques. De ce projet est partie l’idée de proposer un lieu totem, qui concentre de nouvelles fonctions et services renforçant l’attractivité du site pour les entreprises : des espaces de travail partagés, un lieu de vie, de la formation, des évènements, un fablab et l’accompagnement aux entrepreneurs. Les entreprises pourront ainsi monter,des projets « hors les murs », en lien avec les étudiants et universitaires, tout en bénéficiant d’un fablab mutualisé. La SEM Tandem et ses partenaires, l’UTBM et le Grand Belfort portent conjointement ce projet qui doit devenir l’étendard de l’innovation industrielle du Grand Belfort, un lieu de rencontres, au service des start-ups, des PME-PMI et des grands groupes. Il sera une des briques majeures du réseau des openlabs.

Valoriser le crunchtime, le challenge d’innovation technologique du territoire

L’UTBM organise depuis 2 ans un temps fort créatif, le Crunch Time. Ce concours collaboratif sur 5 jours a pour objectif de proposer une expérience professionnelle aux étudiants, inspirée du design thinking. Ils doivent apporter en groupe une solution innovante, avec maquettage/prototypage, à des problématiques posées par des acteurs socio-économiques du territoire. Cet évènement s’inscrit dans le développement de nouvelles méthodes pédagogiques. L’enjeu est d’inciter les étudiants à devenir des « entrepreneurs », des innovateurs qui concrétisent leurs projets, en passant du « Do It Yourself » au « Do It Together ». Par ailleurs, c’est également un temps de coopération territoriale avec les acteurs économiques et de détection de projets potentiels à incuber. Ce temps fort est unique en France car il mobilise 1700 étudiants sur 5 jours sur près de 300 projets. L’UTBM réfléchit actuellement à d’autres déclinaisons pour lui donner plus d’impact. La question de l’UTBM est: comment créer de la valeur ajoutée pour le territoire et son écosystème à partir de ce temps fort ?

n°17
WaMe 17
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