go back
Accueil » Blog » ZOOM Togo - Le développement durable n'est pas une mode

ZOOM Togo - Le développement durable n'est pas une mode

Zooms 08/10/09 | 11:54

Baptiste Veyrat Charvillon
Architecte

Pouvez vous nous expliquer ce projet au TOGO ?

Zoom togo

Baptiste Veyrat Charvillon : Le centre spirituel que nous réalisons pour la congrégation des soeurs du Cénacle est un bâtiment d’une superficie de 7500 m² environ à Pedakondji Vogan à 40 km au nord de Lomé (Togo). Il s’agit d’un projet à l’architecture bioclimatique, qui s’inscrit pleinement dans la dynamique du développement durable.
Ce centre spirituel a pour vocation d’héberger en permanence une communauté de Religieuses reconnue par l’Etat Togolais (soit 11 chambres simples). Elles-mêmes sont susceptibles de recevoir des retraitants en quête de spiritualité, (26 chambres doubles et 3 chambres simples), des groupes de jeunes pour des enseignements divers (2 dortoirs de 40 personnes) ou encore des Religieuses « novices » qui entreront progressivement dans la communauté (5 chambres simples et deux chambres doubles). Au total, le projet peut accueillir 150 personnes à héberger et 900 personnes en effectif maximum qui peuvent jouir du confort apporté par les diverses équipements : bibliothèque, salle de lecture, salle audiovisuelle, salles à manger, oratoires, salle de réunions ou encore infirmerie…

La conservation de l’architecture locale est-elle un élément essentiel pour le projet ?

BVC : La démarche de l’agence a été avant tout de respecter le site et de s’adapter à un lot de contraintes dues à la complexité du contexte économique. La nécessité d’utiliser les savoir faire locaux est apparue évidente dès notre premier voyage sur place.
La conservation de l’architecture locale est une chose mais la réinterprétation de cette architecture en est une autre. Autrement dit, nous nous sommes servis d’une base de données foisonnante fournie par l’existant comme source d’invention et comme moyen de répondre à la demande de la maîtrise d’ouvrage…
Par exemple, cela s’est traduit par la réutilisation d’une technique constructive ancienne : l’utilisation de l’adobe (ou brique de terre compressée). Nous nous sommes servis de cet élément pour rythmer nos garde-corps ajourés, dessiner nos arcs en plein cintre, créer l’habillage de nos poteaux ou encore le remplissage de nos façades…


Comment avez-vous intégré les objectifs de développement durable dans ce projet ?

Concernant le volet environnemental et bioclimatique,

BVC : Au regard du climat contraignant et de l’environnement naturel proche assez hostile, le projet se devait d’être le plus autonome possible dans l’utilisation des ressources naturelles et le plus économe possible dans la consommation d’énergie. Aussi, nous avons dû trouver des réponses adaptées pour chacune des problématiques suivantes :

Une forte chaleur donc un besoin de ventiler et de se protéger du soleil => conception de larges dépassés de toitures en « écope » pour créer un masque au soleil et favoriser la ventilation naturelle.
Un milieu naturel pauvre en eau et un réseau d’eau collectif pollué => réalisation d’un forage jusqu’à la nappe phréatique pour irriguer le bâtiment. Choix de la récupération des eaux pluviales et du traitement des eaux usées afin de les réemployer à d’autres fins par pompage d’éolienne.
Un savoir faire local et des matériaux présents sur site => réduction des coûts de transport de la matière première.

Concernant le volet économique,

BVC : La répartition judicieuse des coûts en fonction des besoins est aussi une piste vers l’économie du projet.  Par une définition précise du programme, nous sommes arrivés à une architecture au coût global maîtrisé, respectueuse de la demande.
La faible émission de CO2 due à l’utilisation du matériau du site est aussi un facteur économique puisque le coût de transport est nul. En plus de ne pas être « énergivore », il est également voulu que le bâtiment coûte le moins possible à l’usage dans le long terme ; le fait d’être le plus autonome possible est déjà un élément de réponse !

Concernant le volet sociétal,

BVC : Le projet est voué à accueillir des personnes en retraite spirituelle mais aussi des jeunes afin de les former, de les éduquer dans un contexte de pauvreté et d’insalubrité permanent. Toutes les dispositions de confort sont intégrées au projet pour optimiser et rendre plus facile le travail remarquable réalisé par les Sœurs du Cénacle dans ce genre de missions.
Ajouté à cela qu’il est également prévu que la population locale ait une véritable opportunité de travail et par la même occasion une formation professionnelle grâce à leur participation active au chantier du centre spirituel.