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Rencontre avec Alain Mérieux

Zooms 14/12/10 | 15:36

Foyer Notre dame des Sans Abris - Lyon - La maison de RodolpheUne fondation pour les sans abri : LA « MAISON DE RODOLPHE »
Ce projet émane d’un fond de dotation « la maison de Rodolphe » entre trois membres fondateurs : la fondation Mérieux qui se positionne en tant que mécène, le constructeur Patriarche & Co et l’exploitant, le FNDSA (Foyer Notre Dame des Sans Abris). L’idée, émise clairement par Alain MERIEUX, était de concevoir un site avec des contraintes urbaines et sociales réelles mais de bien garder en tête la possibilité de pouvoir reproduire ce concept dans différents sites et villes, avec un fort souci d’esthétique, de fonctionnalité et de qualité environnementale.

Rencontre avec M. Alain Mérieux, Président de la Fondation Mérieux.

« Ma motivation est simple, elle est de créer des endroits où je pourrais moi-même dormir tranquillement.»

Pouvez-vous nous parler de la Maison de Rodolphe ?

« Je travaille depuis longtemps avec les Foyer des Sans Abris à Lyon. Un jour, je me suis demandé si une conception nouvelle, industrialisable et agréable à vivre, pouvait être transposée à un domaine pour des personnes meurtries par la vie. Je suis frappé de voir que le seul ami qu’il vous reste c’est souvent un chien. Il était assez dur de voir que parfois des personnes dans le besoin ne sont pas recueillies à cause de leur animal de compagnie. Je voulais donc que l’on pense à une conception qui permette d’accueillir aussi bien des hommes seuls que des hommes avec animaux. J’ai appris depuis qu’il y a aujourd’hui, entre 30 000 et 50 000 jeunes en France avec chien ou animal qui sont sans abri. C’est donc un besoin important. »

Ce projet s’adresse-t-il particulièrement à eux ?

« Non, partiellement à eux, partiellement aux familles. C’est un projet pilote, reproductible. Un concept de caisse en bois qui rentrerait dans une structure, un peu comme un style campanile. »

Quelles sont vos motivations pour ce projet ?

« Ma motivation est simple, elle est de créer des endroits où je pourrais moi-même dormir tranquillement. C’est ça l’idée. »

Quel rôle a joué Patriarche & Co dans ce projet ?

« Ils ont créé un concours interne, un workshop avec tous leurs salariés dans le but de trouver un projet répondant à cette demande. Ils se sont vraiment motivés et de plus, d’une façon tout à fait altruiste. Je pense que c’est un projet qui a également été mobilisateur pour cette équipe. »

Pouvez-vous également nous expliquer votre projet d’habitat d’urgence en Haïti ?

« C’est une complexité dans un pays qui n’a plus de structure, plus d’infrastructure. On exploite l’idée de construire très rapidement des maisons en bois qui correspondraient aux besoins et à la culture du pays. C’est un pays où il faut tout imaginer et tout refaire. J’ai beaucoup de plaisir à travailler dans des pays où il y a tout à créer. Les gens sont très bas d’un point de vue niveau de vie, mais ils ont encore la pêche pour s’en sortir. J’aime être à leur côté modestement dans le métier qui est le mien c’est-à-dire, les maladies infectieuses. Mais on a besoin d’architectes ! »

Est-il facile de créer des prototypes industriels par rapport à ces concepts d’habitat social ?

« Non, ce n’est pas facile. Il faut imaginer, inventer, trouver des nouvelles voies. Dès que l’on commence un nouveau projet, on prend des risques… On risque d’échouer, c’est évident. »